Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Par Blog des choristes des CP13
Hier soir à la Philharmonie, j'ai entendu le Stabat Mater de Dvorak, interprété par l'Orchestre
de Paris, et ses deux choeurs d'adultes et de jeunes, sous la direction de Tomas Netopil.
J'étais au deuxième rang du deuxième balcon de côté. La salle était pleine.
C'était très agréable d'entendre à nouveau, en spectatrice, cette oeuvre que nous
avons chantée en 2013. Voici une photo de l'ensemble choeurs et orchestre:
On découvrait dans le livret que c'était un certificat de pauvreté qui aurait sauvé le jeune Anton Dvorak,
lui permettant d'obtenir une bourse d'Etat à Vienne, et d'être remarqué par Johannes Brahms qui faisait
partie du jury d'attribution de la bourse. L'éditeur de celui-ci lui commanda les « Danses slaves » qui
assurèrent au jeune musicien impécunieux renommée et avenir. La genèse du Stabat Mater fut
plus douloureuse, Dvorak ayant perdu ses trois premiers enfants en deux ans, ces deuils successifs
l'incitèrent à écrire cette musique en phase avec son chagrin. Le Stabat Mater fut créé à Londres
en 1880, où il reçut un accueil triomphal. C'est une suite de dix mouvements chantés, sur un texte
du XIIIè siècle, qui décrit la douleur de Marie pleurant son fils en croix.
C'est une partition qui va de la douleur (Stabat mater dolorosa) à la tendresse (Eja, mater,
fons amoris), comptant sept choeurs avec ou sans solistes, et trois mouvements pour solistes.
Le livret qualifiait le Stabat Mater de Dvorak de "généreux et extraverti", alors que son Requiem
(chanté par le Choeur Deux des Choeurs de Paris 13 en 2012) serait tragique et introverti.
Je n'en ai, personnellement pas gardé le même souvenir, le Stabat Mater m'apparaissant comme l'expression d'une
profonde douleur en cours, alors que le Requiem correspond à un rite de passage vers la mort. Cela se ressent aussi
quand on le chante. Le lyrisme et l'émotion du Stabat Mater de Dvorak étaient contagieux, lorsque nous l'avons chanté,
or, à part le Requiem allemand de Brahms qui est particulier, les Requiem ne déclenchent habituellement pas
de poussées d'émotion douloureuse chez les interprètes. Lors de ce concert donné par l'Orchestre de Paris,
les choeurs de l'Orchestre de Paris étaient le choeur principal, et le choeur de jeunes, que leurs camarades
de classe étaient venus applaudir dans la salle de concert, ce qui était sympathique, et rajeunissait le public!
Les choristes, très nombreux, déployèrent une belle puissance dans les fortissimos de l'oeuvre, et firent
aussi de très beaux pianissimos, en dépit de leur nombre. J'ai retrouvé dans ce concert la beauté du
Requiem de Verdi chanté par le choeur de l'Orchestre de Paris il y a quelques mois dans cette même salle.
Une grande discrétion règne, dans les livrets sur l'âge et la nationalité des interprètes.Néanmoins,
le chef Tomas Netopil est tchèque, comme l'était Dvorak. La soprano Aga Mikolaj était polonaise,
la mezzo-soprano Elisabeth Kulman était autrichienne, Dmitry Korchak, le ténor, était russe,
et Georg Zeppenfeld, la basse, allemand. Ils sont réunis sur la photo ci-dessus.
Sylvie, blogmestre
Eclipse Next 2019 - Hébergé par Overblog



