Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Par Blog des choristes des CP13
Samedi après-midi, j'ai entendu l'Orchestre Pasdeloup au Théâtre du Châtelet, sous la direction de
Mykola Diadiura, dans un concert dont le titre, d'après le premier morceau joué, était « Aurore ».
Le concert était à 16h, il y avait beaucoup de monde dans les entrailles du métro et du RER Châtelet,
qui est le plus gros nœud de lignes ferroviaires souterraines du pays. C'est toujours un peu la jungle à traverser, et hier
ça l'était particulièrement. J'ai émergé de la station sur la place du Châtelet cinq minutes avant le concert, et ai gagné
précipitamment ma place, qui était avec poteau, mais ce n'était pas trop gênant pour voir un orchestre... Ce fut plus
gênant pour l'appareil photo, qui entendait faire sa mise au point sur le poteau, et non sur les musiciens...
La première œuvre était une courte pièce d'Esteban Benzecry, intitulée Aurore, en création mondiale en
présence de l'auteur, qui vint remercier sur scène. Puis suivit le concerto n°3 pour piano de Ludwig
van Beethoven, interprété au piano par David Kadouch. Ce concerto est le seul qu'a écrit Beethoven
en mode mineur (en ut mineur). C'était un grand plaisir de réentendre ce concerto, que j'avais déjà entendu dans l'année
au grand auditorium de la Maison de la Radio, joué par d'autres interprètes. Le jeune soliste avait un jeu d'une grande
sensibilité, et d'une grande virtuosité, comme l'oeuvre le requiert. C'est ce concerto, vous vous en souvenez
peut-être, que Beethoven avait dans la tête sans avoir eu le temps de l'écrire avant son concert de création
en 1803 à Vienne, ce qui constituait un vrai casse-tête pour le tourneur de pages, qui ne tournait que des pages blanches
avec de vagues signes dessus... Il est très beethovenien et dégagé, parait-il, des influences mozartiennes...
quoique, dans le premier mouvement, il y ait un thème bien mozartien, ai-je trouvé.
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David Kadouch interpréta brillamment sa partition, fut rappelé et nous joua un très joli morceau en bis,
qu'il ne nomma malheureusement pas (et sur lequel je ne pus mettre un titre). L'orchestre se réorganisa pour la deuxième
partie du concert. Je sortis brièvement avant la réinstallation des cordes, et rentrai alors que la première symphonie
de Johannes Brahms débutait. Ne voulant pas faire lever ma voisine en regagnant ma place initiale, je m'assis sur un autre
fauteuil, resté libre en bout de rangée, le D14 je crois. La 1ère symphonie de Brahms présentait avec le concerto
précédent une similitude de tonalité, puisque son premier et son dernier mouvements sont en ut mineur.
On l'a qualifiée élogieusement de « 10è symphonie de Beethoven », il est vrai qu'un passage évoque la
9è symphonie de Beethoven. Il est vrai aussi que le rapprochement de ces deux œuvres, le concerto de
l'un et la symphonie de l'autre, au sein d'un même concert, rendait plus évidente la filiation spirituelle de
Brahms et du maître Beethoven. Le quatrième mouvement de la symphonie, ample et lyrique portait
beaucoup de Beethoven en lui. Il s'acheva peu avant dix-huit heures. Je pris deux photos et ressortis de la salle
de concert, il fallait que je rentre* rapidement, devant sortir à nouveau le soir, pendant que les auditeurs applaudissaient
et rappelaient le chef d'orchestre, qui faisait saluer ses musiciens par pupitre.
Un très joli concert, interprété avec, comme toujours, beaucoup de sensibilité par
l'Orchestre Pasdeloup, et magistralement dirigé par Mycola Diadiura.
Sylvie, blogmestre
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