Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Par Blog des choristes des CP13
J'ai entendu hier soir les "Sept dernières paroles du Christ en croix" de Joseph Haydn au Théâtre
des Champs Elysées, par le Collegium vocale Gent, sous la direction de Philippe Herreweghe.
Le théâtre était encore plus plein que pour Mithridate, m'a-t'il semblé, et j'étais dans une zone particulièrement
recherchée, apparemment, puisque des spectateurs du deuxième balcon étaient venus s'installer au premier,
où nous étions déjà en partie assis sur des strapontins, les fauteuils étant tous occupés! Il faut dire que
Philippe Herreweghe et son collegium vocale constituent un événement musical qui justifie cet engouement.
Rappelons qu'il s'agit d'un orchestre baroque, avec des instruments anciens ou copies d'anciens.
Les Sept dernières paroles du Christ en croix est une oeuvre de Joseph Haydn qui a été déclinée
en plusieurs versions. Instrumentales d'abord, puis pour clavier, puis avec choeurs, solistes et orchestre.
Cette dernière forme est celle de l'oratorio datant de 1795, que nous avons entendu hier soir au
Théâtre des Champs-Elysées. Bonne nouvelle, ce concert sera diffusé sur France-Musique le vendredi saint,
soit le 25 mars 2016, entre 14h et 16h (et si vous le ratez, le concert sera disponible à la réécoute ici).
C'est un thème qui a inspiré plusieurs autres compositeurs, notamment César Franck et Heinrich Schütz, il reprend les
dernières paroles prononcées par Jésus de Nazareth avant de mourir sur la croix, telles qu'elles ont
été rapportées par les évangélistes. L'oeuvre de Haydn est empreinte d'une grande spiritualité. Elle
comprend 9 parties, les sept paroles étant sept parties chantés entre une introduction instrumentale,
et un final Tremblement de terre, qui doit correspondre à la description du jeudi saint, après la mort du Christ.
On retrouve des phrases que nous avons déjà chantées, plus souvent en latin qu'en allemand, mais en allemand
aussi, comme "Es ist vollbracht" (Tout est accompli), "Vater, vergib ihnen" (Père, pardonne-leur), "Jesus rufet:
mich dürstet" (Jésus dit: j'ai soif), "Vater, in Deine Hände empfehle ich meine Geist" (Père, entre tes mains
je remets mon esprit), sans oublier Eli, Eli lama sabachtani?, qui se dit en allemand "Mein Gott, warum
hast du mich verlassen?" Il y avait quatre solistes, le choeur et l'orchestre. Et le chef, très concentré,
qui dirigeait à partir d'une copie de la partition portant de petites taches de surligneur bleu, je le mentionne pour mes
camarades qui surlignent leurs partitions. Comme lors du concert Cantates de Bach en l'église Saint-Roch
entendu en décembre dernier et commenté sur ce blog, le Collegium vocale Gent est une formation
exceptionnelle. Finesse, puissance, légèreté, détaché, agilité, tout y est. L'oeuvre est jouée et
chantée avec une aisance qui repose sur des heures de labeur devenues invisibles. Elle est grave,
le tempo est lent, la traduction des paroles s'affichait sur l'écran de surtitrage. Personne ne bougeait
parmi les spectateurs, chacun était suspendu à la solennité de cette heure de musique, hors du temps.
Il y eut à la fin de l'oeuvre, qui dura une heure environ, des applaudissements très nourris.
Les quatre solistes principaux vinrent saluer avec le chef à l'avant de la scène. Nous n'avions
pas reçu de programme, ce qui rend la rédaction de l'article un peu plus difficile, je m'en tiendrai là.
Amateurs de Haydn, vous n'avez pas pu entendre ce concert? Ne ratez pas sa diffusion sur
France Musique, ou son écoute en replay sur le site de la station de radio!
Sylvie, blogmestre
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