Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Par Blog des choristes des CP13
Hier soir, j'ai entendu la Musique pour les funérailles de la reine Mary de Henry Purcell, et la Missa
in Angustiis de Joseph Haydn, ainsi qu'une troisième courte pièce, Eternity's Sunrise de
Steve Martland, trois oeuvres interprétées par l'Orchestre philharmonique de Radio France, et le
Choeur de Radio France, sous la direction de Sofi Jeannin, récemment promue
chef du Choeur de Radio France.
Après avoir malencontreusement raté un train en gare d'Arcueil, j'ai pris du retard, et suis arrivée trois
minutes avant la fermeture des portes... Arrivée au deuxième balcon, ma place était déjà occupée, mais
il restait des places vides en loge 3, je crois que j'ai pris la V 33. Voici l'auditorium de ma nouvelle place.
Il s'agissait d'un concert d'inspiration religieuse, dont chaque oeuvre visait à la transcendance.
Henry Purcell était le compositeur attitré de Guillaume III d'Angleterre et de sa jeune épouse Mary,
pour laquelle il avait déjà composé des musiques plus joyeuses de son vivant (Music for the
Queen Mary), qui n'a pas chanté ou entendu "Come ye sons of arts"? Un an après ces premières
compositions, la reine Mary mourut de maladie, et Purcell composa en 1695 la marche funèbre
"Music for the funeral of Queen Mary". Cette musique servit une nouvelle fois huit mois après sa
création pour l'enterrement du compositeur lui-même... Le choix de l'oeuvre de Purcell était parfait
pour un vendredi saint, c'est une musique de deuil très belle, sobre, avec quatre trompettes,
un petit orgue, des timbales, et le choeur. Le choeur et l'orgue alternent avec le quatuor
de trompettes et les timbales, qui donnent le ton de gravité dramatique de l'oeuvre.
La Missa in angustiis de Joseph Haydn, créée en 1798, qui a précédé dans l'oeuvre du compositeur la
Paukenmesse que nous avons chantée il y a deux ans, était brillante et joyeuse, pleine d'espoir, malgré
son titre. Elle m'a aussi paru avoir été judicieusement choisie, en ces temps troublés.
La messe se situe à la charnière des XVIIIè et XIXè siècles, où les arias de l'époque baroque
disparaissent progressivement. Le Kyrie chanté par la soprano Laura Mitchell mettait en valeur la
souplesse virtuose de sa voix, dans des coloratures délicates, comme les décrit le livret. La Missa
in angustiis est baptisée "Nelson" car le lord amiral, qui contrait Napoléon lors de sa création, faisait figure de héros
dans une Europe déstabilisée par son esprit de conquête. Il semble que Nelson eut l'occasion en 1800 d'entendre
"sa" messe à Eisenstadt. Le Dona nobis pacem final est particulièrement éclatant. Des applaudissements
nourris saluèrent la fin du concert, les solistes soprano et alto reçurent des fleurs, ainsi que
Sofi Jeannin, et même les choristes! J'ai beaucoup aimé ce concert, et ce sentiment était partagé.
La photo ci-dessus montre l'orchestre pour la messe de Haydn, une partie du choeur, les solistes
et Sofi Jeannin. La soprano, comme vous pouvez le constater portait une robe longue verte,
avec des sequins assortis qui scintillaient à la lumière, l'alto portait un haut de dentelle blanche sur un fond noir.
A notre sortie, la lune était pleine et rousse, et la Tour Eiffel toujours parée des couleurs belges.
Sylvie, blogmestre
Eclipse Next 2019 - Hébergé par Overblog




