Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Par Blog des choristes des CP13
En ce 18 mars, dans la soirée, j'ai aussi vu la comédie musicale "Passion" au Théâtre du Châtelet.
J'avais une place avec visibilté réduite, et en avais été dûment informée, mais j'ai eu la chance
que quelques places soient restées libres à ma gauche, qui m'ont permis de contourner le poteau.
Le spectacle, de Stephen Sondheim, mis en scène par Fanny Ardant, est inspiré du film "Passione
d'amore" d'Ettore Scola. L'action se passe en 1863 à Milan et dans une garnison du nord de l'Italie.
Giorgio, capitaine dans l'armée italienne, a une maîtresse, Clara, qui vit à Milan. Il est muté dans une
garnison de campagne, et la cousine de son nouveau colonel, Fosca, s'éprend de lui. Fosca a une
santé précaire, il semble qu'il s'agisse de santé mentale. Elle est hypersensitive, et nourrit une passion
dévorante pour Giorgio, le harcèle, le poursuit de ses assiduités. Il résiste au début, puis un différend
avec Clara change la donne, et il commence à s'intéresser à Fosca, car personne ne l'aurait jamais
aimé autant qu'elle, selon lui. Ils finissent par consommer leur passion, et...
Fosca en meurt, quelques jours après (? je n'ai pas compris la cause du décès).
On ne peut oublier que Fanny Ardant était l'actrice principale de "La femme d'à-côté"
de François Truffaut, autre passion mortifère, et qu'il y a un lien entre ces deux drames. Ce sont
des passions au sens d'une intense souffrance, et d'une aliénation incoercible de la volonté, une sorte
de phagocytose de l'autre, de possession. Peut-on encore qualifier ce rapport d'amour? N'y a-t'il pas
une part de narcissisme dans la réaction de Giorgio, lorsqu'il dit que personne ne l'avait aimé "autant"
que Fosca auparavant? La fascination ne vient-elle pas du miroir tendu, qui nous renvoie une image
plus avantageuse, fût-ce au prix d'une aliénation? Ce drame est totalement dénué d'humour. On ne
rit pas, il s'agit d'une tragédie musicale. Pas de chant qui égayerait un peu l'atmosphère étouffante.
Le rôle de Fosca était tenu par Natalie Dessay, et celui de Giorgio par Ryan Silverman.
L'accompagnement musical était joué par l'Orchestre philharmonique de Radio France.
Il était intéressant d'entendre Natalie Dessay (pour la première fois en live pour ce qui me concerne),
hors du répertoire lyrique. L'interprétation était excellente, et la mise en scène soignée
(et les robes de Clara étaient particulièrement jolies!) Il n'y a que les fumigènes qui m'aient gênée (toux!)
Le spectacle a été très applaudi. Personnellement, si j'avais rencontré Fosca, ou son équivalent
masculin, je serais partie en courant, mais le public était d'une autre opinion. Peut-être était-ce
seulement une opinion musicale, d'ailleurs, car la musique était belle. Quel ressort caché de notre
cerveau nous pousse violemment vers ces excès d'attirance envers un(e) autre? Est-ce que ce genre
de passion fait rêver? Un spectacle intéressant, qui fait réfléchir à la juste distance en amour...
Sylvie, blogmestre
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