Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Par Blog des choristes des CP13
A 9h30, j'étais en gare d'Arcueil, et le train, à quai, démarra alors que j'allais en rouvrir les portes... Le ticket était redevenu
lisible*, mais le train suivant n'arriva à Saint-Michel Notre-Dame qu'à 10h01. J'arrivai à la cathédrale juste à temps
pour le début de la messe grégorienne. La Maîtrise était masculine. En ce deuxième dimanche de
carême, les chants destinés à être chantés par l'assemblée ressemblaient beaucoup à ceux de
la semaine précédente, ou étaient identiques, ce qui favorisait l'apprentissage.
La lecture extraite du livre de la Genèse évoquait Abraham concluant un pacte avec Dieu, qui lui
donnait, et à sa descendance, le pays « depuis le torrent d'Egypte, jusqu'au grand fleuve l'Euphrate »,
avec immolation d'animaux et brasier fumant pour sceller le contrat. L'autre lecture était une lettre
de Paul aux Philippiens reprochant à certains de manquer de spiritualité
« leur dieu, c'est leur ventre », Paul avait le sens de la formule qui frappe les esprits.
J'avais décidé de participer aux deux messes, celle de 10h, grégorienne, et celle de
11h30, internationale, car ce 21 janvier était le centième anniversaire de la bataille de Verdun.
J'ai vécu enfant à Verdun avec mes parents, c'était un lieu très particulier, imprégné, des dizaines d'années après 1916,
du sacrifice de centaines de milliers d'hommes, et vivant dans une sorte de commémoration permanente de leur mémoire. On ne
ressort pas moralement indemne de Verdun, même quand on n'est qu'un enfant, surtout quand les survivants de la guerre
y étaient encore nombreux à raconter ce qu'ils avaient vécu. Une seconde messe, donc, internationale,
pour Verdun et ses poilus bleus, ou verts, ou d'autres couleurs, et d'autres langages.
J'allai, entre les deux messes, chercher quelques cartes postales** représentant
des vitraux de la cathédrale, puis revins m'asseoir.
La messe internationale fut présentée en français, en anglais, et en italien . Un choeur américain
de lycéens, le Corona High School Madrigal singers, chantait une missa brevis de Haydn, nous fûmes
invités à les applaudir à la fin de la messe. Les trois lectures étaient les mêmes que précédemment,
et l'Evangile selon Luc racontait la transfiguration de Jésus, priant sur la montagne avec trois disciples,
qui virent son visage changer, et son vêtement devenir éblouissant. Puis Moïse et Elie vinrent parler
avec lui... vision hallucinante (ce n'est pas moi qui l'ai dit!) qui leur fit très peur. Pierre/Simon qui avait un grand
sens pratique proposa de monter trois tentes, ce qui déclencha une explication divine de la qualité
de Jésus, qui effraya encore davantage les apôtres, qui « en ces jours-là, ne rapportèrent à personne rien
de ce qu'ils avaient vu ». On les comprend, on aurait sans doute agi de la même manière.
Je suis ressortie de la cathédrale et suis retournée vers le RER, escortée par un pigeon amical,
un peu trop gros pour être un voyageur du Fort de Vaux, un peu trop gris pour être la colombe ou
la tourterelle de la Genèse, qui ne m'a pas suivie dans le sous-sol...
Puis je puis suis rentrée*** chez moi.
Sylvie, blogmestre
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