Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
J'ai vu hier soir à l'Olympia un concert au bénéfice de la recherche sur la maladie d'Alzheimer.
J'avais acheté un billet pour ce concert, car ma mère est atteinte d'une pathologie de ce type, en croyant que le concert
avait lieu un mardi... C'était un lundi, j'avais donc un conflit d'activités, découvert pendant ce week-end, j'ai choisi le concert
au détriment de ma participation à la répétition chorale, toutes mes excuses, mais je pense que chacun comprendra...
C'était la première fois que j'entrais dans ce lieu mythique qu'est l'Olympia, où tous les grands
artistes de variétés et de musique pop sont passés, et ne pus m'empêcher de penser à Brel,
aux Beatles, et aux fauteuils cassés des concerts de rock ! J'étais à l'Olympia...
La soirée débutait par une présentation de l'action menée grâce aux fonds récoltés par ces galas
(c'était le 11ème), et par la participation de généreux donateurs, l'organisation de tombolas, etc...
Plusieurs personnes vinrent parler, je retins que grâce à ces dons, beaucoup de chercheurs étaient
financés, qu'il y avait une stratégie pour susciter la générosité (on s'en doutait un peu...)
Grâce à ces dons, l'on avait pu acheter un PET/IRM d'une valeur de 5 millions d'euros, qui est en service à l'hôpital
de la Salpêtrière, et qui actuellement examine douze malades d'Alzheimer par jour. (Petite digression: le PET/IRM est un
appareil d'imagerie médicale perfectionné qui permet de visualiser le métabolisme, le fonctionnement, et les modifications
structurelles du cerveau, dans les maladies dont il souffre). Dans le cas de la maladie d'Alzheimer, lePET/IRM
permet de suivre l'évolution d'une maladie déclarée, ou d'en faire un diagnostic précoce, sachant que les traitements
dont on dispose actuellement pour cette maladie permettent de ralentir son évolution, mais pas de la guérir. Grâce à ces
dons, l'on peut aussi financer des chercheurs, et leur attribuer des prix. Un jeune chercheur indien fut ainsi distingué pour
ses travaux sur les gènes qui prédisposent à développer la maladie d'Alzheimer, et le métabolisme des protéines amyloïdes
formées dans le cerveau par la maladie. Le Dr Rajendran, récipiendaire du prix, nous dit avec une grande modestie
et pas mal d'humour, qu'il était heureux, lui qui était Indien, travaillait en Suisse, et s'exprimait en anglais
d'être couronné par une association française...
Après les allocutions et distinctions, remerciements, vint la partie musicale. Un jeune homme que je
ne connaissais pas, et dont je n'ai pas retenu le nom (c'était une soirée pardon pour les oublis!), chanta
une chanson inspirée par la maladie d'Alzheimer, presque trop pertinente, j'en avais les larmes aux yeux.
Cette saleté de maladie détruit la personne concernée, mais aussi la famille qui est autour, qui souffre d'ailleurs davantage
que le/la malade, lequel ne se rend pas bien compte la plupart du temps... « je crois que je perds un peu la mémoire... »,
disent-ils, puis parfois il y a un éclair de lucidité, alors c'est la crise d'angoisse. Donc, les chansons un peu trop pertinentes
sont très lourdes pour les personnes de l'entourage, pudiquement qualifiées d' « aidants », je le précise pour les
compositeurs de chansons, en ce sens qu'elles abolissent soudainement les distances que nous mettons mentalement
avec la maladie de nos proches, les minces armures personnelles qui permettent de supporter la situation.
Ce fut avec un certain soulagement que j'entendis les chanteurs passer à un autre répertoire. Sandrine
Kiberlain était la marraine de la soirée, je découvris qu'elle chantait aussi bien qu'elle jouait, elle fut rejointe par
Nolwenn Leroy, qui était l'une des raisons de ma présence à ce concert, car ma mère, dans ses dernières années de
lucidité, avait développé une passion juvénile pour cette artiste, qu'elle était allée écouter en concert toute seule,
en nous cachant où elle allait... puis était revenue ravie, toute fière de cet acte d'émancipation maritale de septuagénaire.
Je vais lui envoyer la photo de Nolwenn qui est dans le livret, à présent qu'elle est en maison de personnes
âgées dépendantes, elle va la montrer à toute la résidence ! Laurent Voulzy rejoignit Nolwenn Leroy,
ils interprétèrent ensemble « Wight is Wight » de Michel Delpech.
Puis se succédèrent Alain Souchon (il y avait eu Pierre Souchon au début, qui était l'organisateur de la
soirée), Carla Bruni, puis Oldelaf, qui se plaignit que Carla ne lui avait pas fait la bise, et nous chanta une composition
de circonstance, plus pudique que les autres chansons du même registre, donc mieux reçue de ma part.
Puis il interpréta un succès de Julien Clerc, avec une belle énergie, et une participation de la salle.
Vincent Delerm nous fit chanter « Il est libre, Max ! », tube des années 80, et je ne sais plus qui chanta
(soirée pardon oubli !) en duo « Le lundi au soleil » de Claude François, mais que c'était drôle de chanter
du Cloclo à tue-tête comme quand j'avais treize ans...! Il y eut aussi les Brigitte, et quelques participant(e)s
que je ne connaissais pas. Maxime Leforestier nous chanta « Mon frère », aux paroles touchantes,
dont l'enjeu vocal pour les néophytes est de ne pas terminer une tierce au-dessous de ce qu'il faudrait (je l'ai beaucoup
chantée, autrefois), puis « La rouille » en duo très réussi avec Carla Bruni, une chanson mélancolique
de rupture virtuelle, qui finit bien, celle qui a fait connaître son auteur, que j'ai regretté de ne pas avoir filmée.
Le concert passa très vite, et ce fut le moment des dernières chansons, « Belle-Isle en mer » d'abord,
puis « Vole », composée spécialement pour l'occasion, et difficilement soutenable pour moi, dont la famille
a éclaté du fait de la maladie de ma mère, avec tous les drames qui se sont ensuivis. Mes parents ne connaîtront jamais
le PET/IRM de la Salpêtrière, parce que ce n'est pas ce que l'on avait décidé pour eux, ailleurs. Quand la même chanson
a été reprise, je suis sortie de la salle, pardon aux artistes, la résistance humaine a ses limites... mais
merci pour ce concert et votre dévouement à cette cause!
Voici une photo prise à la fin du concert.
Il faisait froid sur le boulevard des Capucines, que je prenais autrefois à mobylette pour aller travailler au central PTT de
Paris-Bourse, rue Vivienne, où j'étais auxiliaire d'exploitation pendant les vacances d'été des classes préparatoires.
Le Palais Garnier brillait dans la nuit, nulle chauve-souris dérangée par les conciliabules amoureux d'une cantatrice
faustienne s'ébattant sur le toit, ni aucun fantôme de l'Opéra, pas même dans la très profonde station Auber ...
Sylvie, blogmestre