Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Par Blog des choristes des CP13
Il y avait hier un concert de Nouvel-An en l'église Saint-Eustache, proposant plusieurs pièces pour orgue et
trompettes, je décidai d'y aller car j'aime beaucoup les trompettes sous les voûtes des églises. Le programme
comportait un concerto pour deux trompettes de Vivaldi, des pièces pour orgue seul : Toccata de Bach
et Marche hongroise de Berlioz (extraite de la Damnation de Faust), des extraits de Water Music de Haendel.
J'ai souvent fréquenté Saint-Eustache, à l'époque où je travaillais sur le site internet de Jean-Pierre Léaud (déposé, mais
jamais mis en ligne, il avait changé d'avis), car j'allais voir sa filmographie au Forum des images, qui est juste à côté,
où l'on peut visionner des milliers de films sur écran individuel. Compte tenu de la filmographie en question
(incluant Jean Eustache), le rapprochement géographique avec l'église des Halles était une coïncidence sympathique.
Saint-Eustache était une connaissance de longue date que j'avais un peu délaissée, et que j'avais plaisir à revoir.
L'église a été construite au XVIè siècle, et achevée au XVIIè. Elle est massive et fine à la fois, les voûtes
sont très hautes. Elle comporte une nef centrale, avec un orgue au fond, suspendu en hauteur, et des
chapelles latérales disposées autour d'un déambulatoire. On y voit d'anciens piliers peints. L'orgue a été
reconstruit en 1989, l'original datait du XIXè siècle, et avait subi de multiples restaurations.
Pour des raisons d'hypersensibilité acoustique, je ne fréquente pas beaucoup les orgues, mais ici,
la présence des trompettes obligerait l'instrument à modérer sa puissance.
L'assistance s'était assise en cercle autour de l'autel, dans une position où l'orgue et les trompettes
étaient invisibles. C'était confortable, mais visuellement peu satisfaisant, je me suis déplacée vers un point
de vision un peu plus favorable, sur le côté arrière de l'église. Les musiciens jouèrent le concerto pour
deux trompettes d'Antonio Vivaldi, une fugue très plaisante, puis l'orgue seul joua une fugue de Bach, et
la Toccata (œuvre redoutable pour les tympans sensibles...), saluée de longs applaudissements. En revanche,
j'ai beaucoup aimé la Marche hongroise de Hector Berlioz, interprétée à l'orgue seul, légère et enlevée,
dansante, jouée avec beaucoup de brio par François Olivier. Puis il y eut Water Music, cette suite de
petites scènes musicales composée par Georg Friedrich Haendel pour le roi d'Angleterre George Ier, qui fut créée
en bateau sur la Tamise, en 1717. (A douze ans, j'avais une passion pour cette œuvre, que je jouais d'oreille à la flûte,
et qui me fut demandée plus tard pour accompagner un mariage mixte franco-africain sur le campus universitaire, par
des copains camerounais enthousiastes... le quart d'heure de gloire !) Water music est une œuvre gracieuse, joyeuse
et émouvante, un vestige du Grand siècle, la musique de cour élégante d'une époque qui se termine.
Elle était interprétée au concert par les deux trompettes et l'orgue, j'en ai enregistré deux extraits ci-dessous,
avec aux trompettes Pierrick Chevalier, et Frédéric Flammery. Les applaudissements furent nourris et
bien mérités, et il y eut un bis : l'introduction du Te Deum de Marc-Antoine Charpentier,
dont un extrait termine ce petit montage vidéo.
Je pris encore quelques photos de Saint-Eustache, entendis un monsieur regretter que les œuvres musicales ne
soient pas présentées avant leur exécution, puis rentrai chez moi, repassant devant le Forum des images, en me disant
qu'il faudrait y revenir, d'autant qu'il y a une rétrospective Woody Allen, mais n'en ayant hélas plus le temps...
Sylvie, blogmestre
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