Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Par Blog des choristes des CP13
« Je viens de débarquer, mettez vos faux cheveux, cocottes ! Paris, Paris, Paris ! J'apporte à vos quenottes,
toute une fortune à croquer... » Mais oui, bien sûr... c'est l'air du Brésilien dans la Vie parisienne de
Jacques Offenbach. Il y a Vie parisienne actuellement à la salle Gaveau, jouée et chantée par
l'association « Les Tréteaux lyriques », qu'on se le dise. J'avais une place de catégorie 4 pour la
représentation d'hier soir, c'était tout ce qu'il restait, jusqu'à la fin de la programmation du spectacle.
Je me dis que si je ne voyais rien, il y aurait toujours la musique. Et que si j'avais de la chance, il y aurait
des absences qui permettraient de mieux se placer, ce qui arriva. Je migrai de la place du pourtour à une
place près de la scène d'où l'on avait une bonne vue juste avant le début du spectacle.
La troupe Les Tréteaux lyriques est composée d'une quarantaine de choristes amateurs, parmi lesquels
certains sont solistes avec bonheur (cependant, il serait peut-être intéressant de les micro-sonoriser comme dans
lescomédies musicales, ils auraient moins d'effort physique à fournir pour que leur voix passe par-dessus l'orchestre).
L'association a été créée en 1968, la troupe monte un nouveau spectacle d'opéra-comique, ou opérette,
tous les deux ans. L'orchestre est professionnel, de dimension modulable, dirigé par Laurent Goossaert.
L'histoire, pour ceux qui ne la connaîtraient pas : deux gandins, Bobinet et Gardefeu, courtisent la même
demi-mondaine, Métella. Econduit, Gardefeu s'intéresse à un couple d'aristocrates Suédois en voyage à
Paris, qu'il héberge chez lui en prétendant qu'il s'agit d'un petit hôtel, cherchant à éloigner le baron
de Gondremark pour séduire la baronne. Il organise une table d'hôtes avec des convives improvisés,
sa gantière, son bottier, et leurs amis,déguisés en fausses personnes de qualité. Bobinet, réconcilié,
en fait de même le lendemain avec ses domestiques. Après l'ivresse de la soirée, le baron comprend
qu'il a été roulé, et provoque Gardefeu en duel. Finalement, tout s'arrange, Métella réunit le
couple de Suédois, et la joyeuse troupe fait la fête au bal du Brésilien (céloui-là même
qui avait toute oune fortoune à croquer), French cancan et farandoles concluent l'opérette.
Quand l'orchestre a joué l'introduction, les spectateurs des premiers rangs, que je voyais de ma place,
ont tous souri, dès les premières mesures. C'est une musique joyeuse, entraînante, on a envie de
taper dans ses mains et de chanter toute la soirée. Le texte est drôle, humoristique. Les chanteurs sont
de tous âges, ce qui permet tous les rôles. L'orchestre est parfait. L'espace est utilisé intelligemment
(y compris les loges qui donnent au-dessus de la scène), même dans une salle qui n'est pas conçue pour le jeu
d'acteurs. La mise en scène est sobre mais suffisante, les costumes sont de complexité variée, les solistes
ayant évidemment les costumes les plus raffinés (la robe de la gantière a fait mon admiration...de taffetas vert
avec de petites roses, sur tournure, de mémoire). Le spectacle dure 2h et demie, avec un quart d'heure d'entracte,
je salue la performance physique, chanter et danser en même temps, c'est fatigant ! Je salue aussi
l'excellente tenue de ce spectacle d'amateurs soutenus pas des musiciens professionnels, qui
permet au public de voir et d'entendre des oeuvres populaires dans des conditions accessibles à tous.
Il y a encore plusieurs représentations, je conseille aux amateurs d'Offenbach de tenter leur chance,
le spectacle vaut le déplacement, c'est une soirée de pur bonheur. Ci-dessous, une photo de la fin du bis :
Signalons que l'association Les Tréteaux lyriques aide trois associations d'entraide, et recrute pour la rentrée
de septembre 2016, les précisions sont sur leur site. La sortie de la salle Gaveau fut joyeusement malaisée,
la salle était pleine, et les groupes s'arrêtaient pour échanger leurs impressions avec enthousiasme...
Sylvie, blogmestre
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