Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Par Blog des choristes des CP13
Je suis allée hier soir écouter et voir l'opéra de Erich Wolfgang Korngold, en version concert,
au grand auditorium de la Maison de la Radio, interprété par le Choeur de Radio France,
la Maîtrise de Radio France, l'Orchestre Philharmonique de Radio France, et quelques
solistes impressionnants sous la direction de Marzena Diakun.
Radio-France a programmé trois jours autour de Korngold et de la ville de Bruges.
Le week-end Korngold n'est pas fini, et il y a encore des concerts dans la journée autour
de ce grand concert, que vous pouvez trouver sur le site de la Maison de la Radio.
Hier soir, le grand auditorium était très plein.
J'ai visité Bruges, il y a longtemps, lors d'un échange entre la chorale de jeunes dont je faisais partie et un orchestre de
jeunes Belges, et n'en ai pas gardé le souvenir d'une ville morte. Mais peut-être avions nous apporté l'animation avec nous !
Surnommée la Venise du Nord, Bruges est une ville de canaux, dont la dentelle a été célèbre, et qui en a tiré
une certaine opulence. Comment était-elle à l'époque de Korngold ? Il en fait la peinture d'un lieu religieux
et suranné. Dans cette ville de Bruges, les brumes des canaux rejoignent les songes. L'écrivain belge
Georges Rodenbach a publié un feuilleton en 1892, dans les colonnes du Figaro, intitulé « Bruges-la-Morte »,
dont il fera ensuite une pièce de théâtre, et que Korngold transposera pour en faire l'opéra La Ville morte.
Voici l'intrigue : un jeune homme, Paul, ne se remet pas de la mort de sa femme, Marie. Il s'est
entouré de souvenirs d'elle, dont ses cheveux, qu'il a enfermés dans une pièce. Un jour, il rencontre
un sosie de Marie, qui s'appelle... Marietta. Autant Marie est morte, autant Marietta est très vivante, solaire.
Paul confond les deux femmes. Finalement tous deux vont chez lui, Marietta pénètre dans la pièce aux
secrets, et défie la morte. Paul l'étrangle... puis s'éveille. Tout n'était qu'un rêve, et Marietta est bien vivante.
L'intrigue est mince, mais la musique est flamboyante, instrumentalement, et vocalement très riche.
Créé en 1920, composé de trois actes, l'opéra dure un peu moins de trois heures, entrecoupées de deux
entractes. L'orchestre était au grand jour, les chanteurs lyriques étaient sur le devant de la scène, aux côtés
du chef d'orchestre, le Choeur et la Maîtrise de Radio France étant à l'arrière de l'orchestre, dans les gradins.
Dans une salle d'opéra, l'orchestre aurait d'ailleurs eu du mal à tenir dans la fosse, car il était en grande formation, avec
piano à queue, celesta, xylophone et métallophone, de multiples percussions de différentes tailles, deux harpes, et je ne
voyais pas tout... Les deux protagonistes principaux, Paul et Marietta, étaient interprétés par le ténor
Klaus-Florian Vogt, et par la soprano Camilla Nylund. Tous deux avaient des voix splendides, très riches,
à la tessiture étendue, dont nous profitions pleinement. Le duo présentait en outre une particularité :
dans le registre vocal qui leur est commun, les timbres de leurs voix se ressemblent, on a l'impression d'une
continuité vocale entre deux chanteurs. Marzena Diakun, qui dirigeait l'ensemble avec une grande maîtrise,
a été très applaudie. Sofi Jeannin, qui dirige les choeurs, viendra saluer le public avec les chanteurs lyriques.
Il était impossible de prendre des photos aux entractes, car le concert était diffusé en direct et la salle
abondait en caméras de télévision, qui pouvaient voir les petits signaux lumineux des appareils à mise au point
automatique. Mais le public se rattrapa à la fin du concert, et moi aussi.
Une très belle soirée, sur une œuvre que je ne connaissais absolument pas, et que j'ai été enchantée de découvrir!
Sylvie, blogmestre
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