Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Par Blog des choristes des CP13
Il y avait hier soir un concert à dominante tchèque et à sous-dominante fantastique au grand auditorium
de la Maison de la radio. Josef Suk, Bohuslav Martinu étaient au programme, interprétés par
l'Orchestre philharmonique de Radio France, dirigé par Jakub Hrusa, avec au milieu, une petite
intrusion fantastique d'un autre compositeur slave non tchèque, Stravinsky.
L'entrée de la Maison de la radio se fait toujours par l'arrière, et mine de rien, cela prend plus de temps pour arriver
depuis Passy. Le second balcon était fermé, on me replaça au premier balcon, loge 1, deuxième rangée, je choisis
une place avec vue dégagée, puisque j'avais le choix, et rapidement, car l'orchestre philharmonique était déjà installé.
La première œuvre de la première partie était le Scherzo fantastique de Suk, qui était le gendre de Dvorak,
et son élève. Avec son caractère slave marqué, cette pièce de 1903, tour à tour lyrique et mélodieuse,
confidentielle ou éclatante, est très agréable à écouter. Le livret évoquait d'incontestables références à
Dvorak ; personnellement le Scherzo fantastique m'a fait penser à Bizet, par ses alternances de modes et
de rythmes, avec cette capacité à susciter l'engouement immédiat de l'auditeur. Puis vint le concerto pour
violoncelle et orchestre n°1 de Martinu, de 1930, la partie de violoncelle étant jouée par Johannes Moser,
qui est un jeune violoncelliste germano-canadien. Le livret parle des pages les plus charmantes de son
répertoire, que Martinu, qui m'est inconnu, aurait offert au violoncelle. J'ai vu dans ce concerto qu'un
violoncelle pouvait aussi gazouiller lorsqu'on pinçait ses cordes très loin sur le manche, d'un gazouillis plus
grave que celui du violon, évidemment. Mais l'impression générale donnée par cette œuvre était une partition
âpre et ardue, très physique pour l'instrument principal, jouée avec brio et beaucoup de mérite par Johannes
Moser, qui fut applaudi à la mesure de sa performance, c'est à dire longuement et chaleureusement.
Après plusieurs rappels et saluts, il nous annonça dans un français parfait une Sarabande
extraite d'une suite de Bach, en bis.
Le jeune chef tchèque Jakub Hrusa, qui avait laissé la vedette au violoncelliste pendant la première
partie, récupérait les feux des projecteurs pour la seconde. Très efficace mais discret, il avait la sensibilité
adéquate pour diriger ce concert, et servir de passeur à nos oreilles françaises, puisqu'il est président
de l'International Martinu Circle. L'intrusion d'Igor Stravinsky dans un concert tchèque tient je suppose
au caractère fantastique de son Scherzo, créé en 1909 à Saint-Petersbourg, et proposé en début de
deuxième partie. C'est une pièce pleine de bourdonnements, les violons bourdonnent, tout l'orchestre
bourdonne, même les cors émettent un vrombissement étranglé étrange, qui fait se pencher les auditeurs
par dessus la balustrade pour voir qui dans l'orchestre produit ce son curieux... Quelles références,
Mendelssohn ou Rimski-Korsakov ? Les avis étaient partagés, mais le Scherzo fantastique a eu beaucoup
de succès. Puis nous avons entendu la sixième symphonie de Martinu, datant de 1955, dédiée à
Charles Münch, qui fut le chef de l'Orchestre philharmonique de Radio France. La symphonie était pour
moi plus impénétrable que le concerto, j'écoutais et je regardais, mais je ne saurais la commenter.
Le livret évoque un bref motif peut-être emprunté au Requiem de Dvorak, qui reviendrait dans deux
mouvements, et que je n'ai pas détecté, alors que nous avons chanté le Requiem de Dvorak, peut-être
le motif venait-il d'ailleurs... ou peut-être ne l'ai-je pas reconnu. L'orchestre et le jeune chef tchèque
ont été très applaudis à la fin de la symphonie, dont l'interprétation était très réussie.
Nous sommes ressortis de l'auditorium, et je me suis aperçue juste avant la sortie de la Maison de la radio que j'avais perdu
un gant... Autant chercher une aiguille dans une botte de foin ! A tout hasard, le vestiaire m'a indiqué le numéro des objets
trouvés. Il faisait froid dehors, la Tour Eiffel brillait de sa parure lumineuse, et les feux tricolores étaient de la fête...
Sylvie, blogmestre
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