Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Par Blog des choristes des CP13
J'avais réservé une place pour la 8è symphonie d'Anton Bruckner au grand auditorium de la maison
de la radio, mais pendant la semaine, un courriel nous prévint d'un changement de programme, ce serait
la 4è symphonie de Bruckner, et la 8è de Schubert, dirigées par un chef américain, Robert Trevino.
On nous proposa d'annuler nos réservations si ce programme de remplacement ne nous convenait pas,
mais il semble qu'il plaisait car le grand auditorium était bien rempli. Les billets électroniques,
cependant, ne furent pas modifiés, mais nous sommes entrés sans difficulté.
Depuis les attentats de novembre, on n'entre plus côté Seine dans la Maison de la Radio, il faut entrer
par l'arrière du bâtiment. On ressort côté Seine sous la surveillance de la police à la fin du concert...
Hier, j'entrai côté cour avec le public nombreux, puis gagnai ma place au 2è balcon.
Voici une vue de l'auditorium de cette place en hauteur :
Il n'y avait plus de programmes lorsque je suis arrivée, du moins au 2è balcon, mais on trouve
toujours un auditeur gentil qui, après usage, accepte de partager son programme.
La première partie du concert était constituée de la 8è symphonie de Schubert, dite « inachevée »
car elle ne comporte que deux mouvements. Dans le livret, on apprend que Schubert aurait écrit
quinze symphonies, dont seulement neuf ont été « achevées » ! La cohérence de celle-ci, à l'intérieur
des deux mouvements existants, et sa beauté, sa douceur romantique un peu triste (elle a été écrite en
si mineur), font d'elle une œuvre particulièrement populaire de Franz Schubert. La partition est datée
de 1822, Schubert décèdera en 1828, à l'âge de 33 ans. Robert Trevino dirige cette première partie
de concert avec une grande assurance, quoique ce soit son premier concert avec l'orchestre national
de France. L'orchestre, excellent comme à son habitude, joue cette délicate partition
avec toute la subtilité et l'émotion retenue requises.
La deuxième partie du concert, après l'entracte propose la quatrième symphonie d'Anton Bruckner,
qui démarre mystérieusement son premier mouvement. Avec le développement de la symphonie se développe
une épidémie de toux dans la salle (qui, fort heureusement, n'affecte pas les musiciens), dont je suis affectée aussi,
progressivement, à ma grande surprise. Le deuxième mouvement de la symphonie est plus lyrique, utilisant
les cordes graves de l'orchestre. La symphonie, créée en 1874, a été baptisée « Romantique » par
Bruckner lui-même. Le troisième mouvement est un scherzo « bewegt », c'est à dire agité, il y aura
effectivement de l'agitation pour moi, puisque la gêne respiratoire va me contraindre à sortir de la salle au cours de ce
mouvement, pour aller tousser dehors, le concert étant diffusé en direct sur France Musique. Je descends boire un peu
d'eau aux lavabos, mais c'est une entreprise difficile de regagner ma place ensuite, je m'assieds un peu plus haut,
rangée V probablement, sur un siège libre au bord de l'allée. Le troisième mouvement de la symphonie est encore
en cours, dans un éclat de cuivres. Le livret décrit le mouvement final comme « levant le voile sur la cité
d'en-dessous », il est en tout cas éclatant et irrésistible. L'orchestre et le jeune chef sont très applaudis.
Je reprends deux photos de l'orchestre, que Robert Trevino a fait lever, et qui salue vers le public des
deux côtés, l'angle de prise de vues est un peu décalé par rapport aux premières photos, puisque j'ai légèrement bougé.
Nous ressortons vers 22 heures, la Tour Eiffel a repris son habit de lumière.
Sylvie, blogmestre
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