Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Une foule sinueuse attendait hier soir devant l'église Saint-Roch, faubourg Saint-Honoré, que le contrôle
de l'entrée les laisse y pénétrer. Le Collegium vocale de Gand (Gent en flamand) donnait un unique concert,
sous la direction de son chef révéré, Philippe Herreweghe. Cet ensemble baroque a été cité en vidéo à plusieurs
reprises dans ce blog, car il est au top de l'excellence et croise notre répertoire sur Bach. Il eût été inconcevable que je ne
saisisse pas l'occasion d'entendre le Collegium vocale Gent en live à Paris ! Ce fut en réalité un peu compliqué d'obtenir
une location de place... Un premier site de billetterie fut sollicité, puis toutes les informations disparurent de l'écran de
l'ordinateur alors que je saisissais le code secret autorisant le paiement du billet, envoyé par sms. Ne recevant pas de
courriel indiquant que j'avais bien acquis le billet, j'essayai un second site de billetterie, mais après avoir tapé le code
secret du paiement, la transmission s'est bloquée... (heureusement qu'il s'agit de sites dits « sécurisés », je n'ose
même pas imaginer si ça n'avait pas été le cas!) Finalement j'avais bien réservé la place ! Ouf.
En réservant sur internet, on m'avait proposé un plan de l'église Saint-Roch et la localisation des places des diverses
catégories. J'allai dans les places latérales, autour de la scène montée dans le transept, d'où l'on avait une vue
très satisfaisante. Voici le transept gauche de l'église Saint Roch, vu du côté droit.
Il y avait un nombre impressionnant de caméras de télévision en action, deux fixes au fond, et quatre mobiles sur les côtés
avec des opérateurs de prises de vues, il y en avait aussi probablement une ou deux fixes au fond du choeur de l'église,
pour filmer le chef de face. Il y a de la diffusion télévisée de ce concert dans l'air pour les Fêtes ! Le titre du concert était
« Cantates de Noël » et son programme consistait en quatre cantates de Jean-Sébastien Bach, réparties
deux par deux avant et après l'entracte. En première partie furent jouées et chantées les cantates BWV 62
« Nun komm, der Heiden Heiland », et BWV 91 « Gelobet seist du, Jesu Christ ». Ces deux cantates sont
accompagnées de cors, et font intervenir l'orchestre, le choeur et les solistes, une soprano, un contre-ténor,
un baryton (ou un second ténor, à l'oreille) et une basse. Les cors baroques étaient juste devant nous, ils
avaient des morceaux de tuyaux supplémentaires qu'ils adaptaient à leurs instruments au cours du concert, pour pallier,
je suppose, l'absence de pistons qui permettent de changer la longueur de la colonne d'air sur les cors modernes.
Je fus particulièrement impressionnée par les duos de la soliste soprano et du contre-ténor, d'une grande
beauté. Le choeur dégageait une remarquable puissance pour son effectif d'une petite quinzaine de
personnes, réparties en quatre pupitres, sopranes féminines, altos et contre-ténor mixtes, ténors
et basses masculins. Les cantates étaient joyeuses et enlevées, la première partie passa très vite.
Après un court entracte, l'ensemble se remit en place, les cors avaient été remplacés par quatre trompettes,
et le hautbois solo, initialement avec les cors, avait changé de côté. Nous entendîmes les cantates BWV 40
« Dazu ist erschienen der Sohn Gottes », puis BWV 63, « Christen, ätzet diesen Tag », tout aussi joyeuses
et enlevées que les précédentes, mais plus longues. Il y eut un duo impressionnant du contre-ténor, dont
la tessiture frôlait celle du haute-contre par moments, avec le baryton ; et de nouveaux duos entre la soprano
et le contre-ténor. Le concert fut très applaudi, bissé, et Philippe Herreweghe, qui est manifestement très
à l'aise dans les lieux, redirigea un morceau de cantate avec duo. Il nous dit auparavant qu'il remerciait
tout particulièrement la soliste soprano qui était venue de Londres exprès pour sauver le concert au
pied-levé... (sic) Cette déclaration nous laissa entrevoir que nous avions échappé de justesse à l'annulation du concert,
mais on n'en sut pas plus. Après ce premier bis, le chef, sollicité par un public enthousiaste, nous dit avec
humour qu'il aurait volontiers joué une autre cantate, mais que les cors étaient déjà partis... Finalement il y
eut un second bis, après lequel nous nous séparâmes. Je ne suis pas parvenue à photographier
Philippe Herreweghe, caché par le mur de trompettistes qui me séparait de lui, dommage.
Je pris une photo de l'église Saint-Roch à la sortie des spectateurs, un petit vent glacé s'était levé, qui ne donnait
pas envie de s'attarder. Je vous préviendrai lorsque ce concert sera programmé à la télévision.
Sylvie, blogmestre