Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Par Blog des choristes des CP13
Vendredi dernier j'ai assisté à la remise du prix de la meilleure musique de film pour l'année 2015,
au grand auditorium de la Maison de la radio. Eu égard aux événements tragiques de la même
soirée en d'autres lieux de la capitale, je vais être plus sobre qu'usuellement.
Le principe de la soirée est un partenariat entre la radio France Musique et la Société des Auteurs,
Compositeurs, et Editeurs de Musique (SACEM). La SACEM est un organisme qui collecte de l'argent
sur toute musique éditée, jouée ou diffusée en France, et redistribue cette collecte aux ayants droits
des œuvres musicales déposées. La radio retransmet la cérémonie de remise du prix de l'année,
décerné par France Musique et la SACEM, à l'intérieur d'un concert interprétant des œuvres de musiciens
qui se sont illustrés dans le cinéma, et une pièce commandée spécialement au lauréat du prix SACEM
de l'année précédente. Le concert est interprété par l'Orchestre philharmonique de Radio France,
et retransmis en direct sur l'antenne de France Musique.
Le grand auditorium était moins rempli que pour le concert Carmina Burana quelques jours avant.
J'étais placée au second balcon juste au dessus de l'animateur de l'émission de radio, et j'ai bougé un peu
vers une autre rangée où il y avait de la place et d'où l'on voyait mieux l'orchestre.
La première partie du concert comportait trois œuvres courtes de compositeurs de « l'âge d'or
hollywoodien », c'est à dire des années 30 et 40. Cependant, il ne s'agissait pas de musiques de films,
mais d'oeuvres de concert : extraits de symphonies et concerto (avec au piano Leonardo Hilsdorf).
Les musiciens hollywoodiens choisis étaient Miklos Rozsa, Franz Waxman, et Brenard Hermann,
qui a beaucoup travaillé avec Hitchcock. Le concert était dirigé par Marzena Diakun, chef assistant
de l'Orchestre philharmonique de Radio France, de nationalité polonaise, docteur en musique,
d'une baguette à la fois féminine, gracieuse, et sûre.
Le prix de la meilleure musique de film fut décerné à Amine Bouhafa, compositeur de la bande originale
du film Timbuktu, d' Abderrahmane Sissako.Le présentateur s'est posé des questions sur le travail du compositeur
par rapport à celui du réalisateur, qui doivent être synchrones, comment fait-on ? Je peux apporter une modeste réponse,
ayant participé dans les années 90 à une fiction télévisée avec compositeur : le scénario écrit est découpé en scènes,
que le réalisateur va minuter selon le montage qu'il envisage, formant le découpage. Il donne ce découpage du film
au compositeur, qui compose une bande musicale en fonction de la description des scènes, respectant les durées des
scènes du découpage. Puis le réalisateur filme les images, et on ajuste le montage des scènes et la musique. Il doit y
avoir automatisation de certaines étapes aujourd'hui, mais pour la création artistique, ça ne doit pas être très différent...
Nous entendîmes en deuxième partie la composition du lauréat de l'année précédente, Marc Marder
(pour la musique du film "L'image manquante de Rithy Pahn") de type assez expérimental, de mon avis.
Le concert se termina par une vraie musique de film de l'âge d'or hollywoodien, la suite pour
« Sea hawk » (« L'aigle des mers ») d'Erich Wolfgang Korngold. Envolées de violons, un exemple
typique de cette musique de film qui est l'un des piliers de l'objet filmique hollywoodien de la grande
époque (pensez à « Autant en emporte le vent », la musique est quasiment un personnage
supplémentaire du film!) Cette œuvre plut beaucoup au public, comme on s'en doute !
Sylvie blogmestre
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