Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Par Blog des choristes des CP13
La cathédrale des soldats blessés, Saint-Louis des Invalides, accueillait hier soir un concert de
l'orchestre symphonique de la Garde républicaine, dans le cadre de la commémoration du centenaire
de la première guerre mondiale. Ce concert, qui réunissait le pianiste Roger Muraro et toutes les
formations musicales de la Garde républicaine, était dirigé par le colonel François Boulanger.
Quand j'ai pris mon billet, il ne restait plus que des places de deuxième catégorie, c'est-à-dire au fond
de la cathédrale, qui heureusement n'a pas les dimensions de sa grande sœur de l'île de la Cité.
C'est l'église de l'Hôtel des Invalides, où l'on célèbre notamment les messes commémoratives liées
aux activités des armées. Il y a, suspendus sous la nef, deux rangées de drapeaux pris à l'ennemi.
Il y a aussi derrière l'autel, un bouquet de drapeaux français.
Installée au bout du dernier rang, empiétant un peu sur l'allée centrale, je voyais finalement mieux
que d'autres placés plus près, au milieu d'un rang. Le concert comportait en première partie trois
morceaux assez courts, sur le thème de l'Espagne : España, extrait d'Asturias, d'Isaac Albeniz
(connu de tous les guitaristes) dans une orchestration de François Boulanger, España à nouveau,
d'Emmanuel Chabrier, rhapsodie pour orchestre, et la première suite de Carmen, de Georges Bizet.
Dès les premières mesures, on est saisi, captivé par la qualité exceptionnelle de l'orchestre, qui allie
la précision et la rigueur militaires à la légèreté et à la virtuosité artistiques. Le colonel Boulanger,
chef d'orchestre, a une gestique très dynamique. Je regrette rétrospectivement de n'avoir pu chanter la
neuvième symphonie de Beethoven sous sa direction avec cet orchestre en 2008, l'année de mon arrivée aux
Choeurs de Paris XIII, comme l'occasion s'en était présentée... On constate une présence féminine notable parmi
les musiciens, qui me réjouit. Les trois morceaux sont exécutés avec maestria et beaucoup d'élégance. A la fin d
e la première partie, l'orchestre se lève pour saluer, je tente une photo au zoom.
La deuxième partie comporte deux concertos pour piano et orchestre de Maurice Ravel, dont,
en second, le concerto pour la main gauche, écrit pour un musicien amputé après une blessure
de guerre. Le pianiste est Roger Muraro qui fut un condisciple du colonel Boulanger au conservatoire
de Paris, où il est depuis devenu enseignant. On reste sous le signe de l'Espagne, avec Ravel,
auteur du Boléro, quoique le lien dans cette deuxième partie soit moins direct. Le pianiste est bien
assorti à l'orchestre, j'ai la chance de le voir au bout de l'allée centrale, et du mal à obtenir une photo de lui dont
les mains, toujours en mouvement, ne soient pas floues... j'aurai essayé ! Je ne sais lequeldes deux concertos
est le plus impressionnant en matière de jeux de main(s), du premier où elles se croisent, ou du second où
l'une repose pendant que l'autre semble jouer deux parties à elle seule...
Les spectateurs se sont rendu compte que l'on voyait mieux debout, et peu à peu se groupent au fond de l'église,
rendant la vision compliquée, d'autant que les personnes des rangs précédents se penchent dans l'allée pour voir
le pianiste en action. Tout a une fin, même le plus beau concert ! Les musiciens se lèvent pour saluer, les spectateurs
se lèvent pour applaudir, on ne voit plus rien... Quand je retrouve un peu de visibilité, les musiciens sont sur le départ.
Nous retraversons la grande cour pavée, sous le regard de Napoléon, et ressortons face au pont Alexandre III, derrière
lequel se profile le Grand Palais, et je souhaite le bonsoir au soldat posté devant la guérite de la grande grille.
Sylvie, blogmestre
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