Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Par Blog des choristes des CP13
C'était samedi soir 21 novembre au grand auditorium de la Maison de la radio, fraîchement rouvert.
Pour raisons de sécurité, l'entrée ne se faisait pas côté Seine comme d'habitude, mais de l'autre
côté du bâtiment, qu'il fallait ensuite traverser pour rejoindre la salle de concert. C'était le dernier
concert du cycle Beethoven-Bartok à la Maison de la radio, et j'avais un billet pour le 2è balcon.
Arrivée à l'entrée du 1er balcon, on m'informa que le 2è balcon était fermé et qu'on allait me replacer
au 1er balcon, juste en dessous de l'entrée sur la droite, au 1er rang place 16, qui était libre.
J'étais en face de l'orchestre, ce qui ne m'était encore jamais arrivé ! Joie!
Le programme comprenait les "Créatures de Prométhée" de Ludwig van Beethoven, le concerto
pour piano et orchestre n°3 de Béla Bartok, et la 7è symphonie de Beethoven, interprétés
par l'Orchestre national de France, sous la direction de Daniele Gatti.
Les Créatures de Prométhée sont le fruit d'une commande de musique de ballet, créé en 1801.
Il s'agit d'un hymne à la liberté française post-révolutionnaire, Bonaparte apparaissant tel un nouveau
Prométhée. Le ballet dure six minutes et comporte seize numéros, outre l'ouverture et l'introduction.
J'ai été un peu dans le flou pour cette oeuvre que je ne connaissais pas, jusqu'à ce que je puisse
prendre connaissance du programme, à l'entracte, donc après-coup.
Le concerto pour piano n°3 de Béla Bartok est une œuvre de création posthume, datant de 1945.
Ce concerto était dédié à l 'épouse du compositeur hongrois. Il apparaît plus classique et lyrique
que les deux concertos précédents de Bartok. Le second mouvement « adagio religioso » évoquerait
à la fois Beethoven, et Bach, dans un style quasi-liturgique... j'y ai en aussi reconnu le thème du
« Cum sancto spiritu » de la grand messe en ut mineur de Mozart, apparaissant à plusieurs reprises.
Il s'agit d'une œuvre inspirée, éclairée, comme le sont souvent les œuvres ultimes des musiciens.
Le pianiste était lui-même hongrois, il s'agit de Dezsö Ranki, au jeu à la fois virtuose et sobre.
Rappelé par le public, il nous dit ce seul mot « Liszt », et joua un extrait musical supplémentaire.
La superbe septième symphonie de Beethoven, créée en 1813, est une œuvre tonique, qui
présente la particularité de ne pas avoir de mouvement réellement lent, même l'émouvant second
mouvement est « allegretto ». Moins rapide que les autres cependant, surtout les deux derniers,
« presto » et « allegro con brio ». Les instruments se donnent la réplique des uns aux autres, et
mon regard suit : les cordes graves, les cordes aiguës, les vents, les cuivres, le chef, les percussions,
on recommence... Ces mélodies, je pourrais les chanter tellement je les ai entendues, j'anticipe
les motifs musicaux. Quand j'étais élève de sixième, la moitié de la classe donnait Beethoven pour son grand
musicien préféré ! La 7è symphonie de Beethoven est en elle-même un grand bonheur à l'écoute,
et sous la baguette ferme et nerveuse de Daniele Gatti, elle devient aussi un spectacle fascinant.
Ce concert de reprise a été un grand succès, le public a applaudi abondamment et rappelé le chef
plusieurs fois. En ces heures noires que nous vivons, la musique est à la fois un réconfort et un repère.
Les salles de concert se repeuplent progressivement, mais beaucoup de places restent vides,
et c'est dommage (un concert Beethoven au grand auditorium fait habituellement le plein d'auditeurs).
Nous ressortons de la maison de la radio côté Seine. La Tour Eiffel, cocardière, domine la Ville et le fleuve,
et arbore les trois couleurs de la Nation sur ses trois cents mètres de hauteur.
Sylvie, blogmestre
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