Ex-blog des choristes des Choeurs de Paris 13, lieu d'échanges entre les choristes de Paris, de France, de Navarre et d'ailleurs! Instrumentistes de toutes cordes, vocales ou autres, bienvenue aussi!
Par Blog des choristes des CP13
Hier soir je suis allée écouter l'ensemble "les Violons de France" en l'église de la Madeleine.
Devant le péristyle, on a disposé des fleurs aux couleurs nationales adoucies. C'est très joli,
cette végétalisation d'un énorme monument particulièrement... minéral. Une odeur suave se dégage
des bouquets colorés. Une jeune japonaise se fait prendre en photo devant le parterre fleuri.
Surprise: l'acoustique du lieu, connue et redoutée des choristes, pour éparpiller les vibrations
vocales, se révèlera superbe pour celles des cordes... (y a-t'il un spécialiste de l'acoustique
parmi les lecteurs du blog qui pourrait nous expliquer ce curieux phénomène?)
Ma voisine vient de Bordeaux et elle est aussi choriste, nous échangeons nos impressions!
On nous demande de ne pas filmer ni téléphoner, je me limiterai à une photo de l'ensemble.
Le programme annonce la Petite musique de nuit de Mozart, l'Adagio d'Albinoni, le canon de Pachelbel,
l'Ave Maria de Schubert, la méditation de Thaïs de Massenet, et les Quatre saisons de Vivaldi,
qualifiés d' "oeuvres fétiches" du public. Quatre musiciens interprètent Mozart, Albinoni, et Pachelbel.
Le public, ravi d'entendre ses oeuvres fétiches, applaudit abondamment, même quand il ne faut pas...
Frédéric Moreau, soliste et chef de l'ensemble, fait une entrée très remarquée dans l'Ave Maria
de Schubert, interprétant au violon l'air habituellement chanté par une mezzo-soprano.
Puis c'est Thaïs, après quoi les musiciens se réaccordent rapidement, et enchaînent sur Vivaldi.
L'oeuvre comprend quatre saisons (comme chacun sait), dont chacune compte trois mouvements musicaux
au tempo contrasté. Le public présent, dans son enthousiasme, applaudit à chaque rupture de tempo, ce qui est
un peu déconcertant, et agace mon voisin de devant. Les musiciens le prennent avec philosophie, et anticipent
sur les applaudissements, fâcheux pour leur oreille, mais signe du plaisir de l'auditoire. Entre le largo et l'allegro
de la dernière saison, le public a compris qu'il ne fallait pas applaudir avant la fin de l'oeuvre, ouf!

C'est un ensemble très agréable à écouter, et Frédéric Moreau est impressionnant de virtuosité.
Il est aussi complice du public, lorsqu'il nous fait chanter, pour le bis, un "Joyeux anniversaire" destiné au jeune
violoncelliste, dont il nous confie qu'il a demandé en cadeau une Ferrari ou une Lamborghini (effet Vivaldi?), et farceur
lorsqu'il nous annonce, également en bis, un "scherzo surprise" constitué de quelques coups d'archet dissonants!
Il y aura finalement un vrai bis avec un vrai scherzo, dont le nom de l'auteur sera, hélas, réverbéré.
Un très joli concert, d'oeuvres accessibles et connues, parfait pour une chaude soirée d'été!

A la sortie, le parterre coloré embaume la nuit, et au loin l'obélisque de la place de la Concorde semble un glaive
tranchant l'Assemblée nationale en deux parties. Deux jeunes japonaises font des selfies devant la Madeleine fleurie.
Sylvie, blogmestre
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