16 juin 2019 7 16 /06 /juin /2019 16:29

Je suis allée hier voir Notre-Dame de plus près, pour fêter  l'anniversaire de sa consécration, alors

que la première messe allait s'y tenir depuis l'incendie, à deux mois jour pour jour de ce sinistre soir  qui

faillit emporter une merveille artistique de 850 ans. De plus près, parce que le périmètre de sécurité

instauré autour de la cathédrale se réduit au fur et à mesure que l'édifice se consolide. Arrivée en RER

à 17h17* par le quai de Montebello, le pont et l'extrémité du parvis me sont enfin accessibles.
 


Voici une photo que j'ai souvent prise, avant. Je constate que les rosiers n'ont pu être taillés, car ils étaient

dans la zone interdite. Certains font la course à la tige avec des graminées inconnues au pedigree douteux...

Personnellement, j'aime bien ce foisonnement de nature, mais, pour connaître les roses, fleurs délicates, elles ne vont pas

tarder à bouder de ne plus être seules dans leur plate-bande. Notre-Dame est, de face, toujours aussi splendide,

quoique un peu noircie des beffrois. Le ciel est changeant et je n'ai pas de parapluie!
 


Me voici à la hauteur de l'entrée de l'Hôtel-Dieu. Une rose trémière repousse et refleurit tous les ans sous

les marronniers. Une palissade métallique entoure la cathédrale et le jardin public qui est derrière le choeur,

tout parait normal: une voiture de police, le chantier, pourtant, un détail sur la photo attire mon attention.

Monsieur le maire du 4è arrondissement a parlé de mettre des regards dans la palissade pour que l'on

puisse voir le chantier derrière. Je continue vers la rue du Cloître Notre-Dame, et arrive rue d'Arcole.
 


Un dessinateur a scotché quelques-unes des ses oeuvres sur la palissade, un touriste prend

en photo les dessins à l'encre de Chine, dont deux jolies représentations de la cathédrale. Avec sa flèche

et son toit. En levant les yeux, je constate que la façade nord a beaucoup plus souffert que les façades

sud et ouest que j'avais vues jusqu'ici. Des pierres sont visiblement abîmées, altérées par l'alternance

subie de chaleur intense et d'eau. Une chimère noircie, aux dents clairsemées d'origine, écarquille

les yeux dans le vide, encore tétanisée d'avoir vu la géhenne d'aussi près.
 


Pendant que je photographie la chimère, une voix masculine demande poliment "pardon", je suis

à un goulot d'étranglement, et un quatuor de militaires en treillis, équipés de fusils mitrailleurs, voudraient

bien passer... Après leur passage, je retrouve le détail qui avait attiré mon attention précédemment: il y a

du fil de fer barbelé sur la palissade. C'est un modèle urbain et civilisé, mais je ne me souviens pas avoir vu de fil

de fer barbelé sur une palissade de ville  depuis Berlin-ouest, avant la réunification. Voir la cathédrale, qui accueille

tout le monde, comme le rappellera Mgr l'archevêque dans son homélie, ceinte de barbelés, me

cause un choc.  Enfin, c'est la nécessité de la protéger ainsi qui me cause un choc.
 


Au carrefour entre la rue d'Arcole et la rue du Cloître Notre-Dame, il y a une entrée vers les portes de la

cathédrale, et plusieurs caméras de médias télévisés ou en ligne sont posées là, attendant les parti-

cipants à cette première célébration, pour leur sortie car il semble que la plupart d'entre eux soient déjà

entrés. En face, plusieurs policiers gardent l'entrée et filtrent soigneusement les postulants. Pas de

laisser-passer en règle, on ne passe pas. Une dame parvient à entrer, avec le bon papier. Il est 17h55,

je suis sur place depuis une demi-heure, et décide d'aller faire quelques courses avant de rentrer

chez moi pour voir la retransmission de la messe de la dédicace (ici sur KTO) qui commence à 18h.
 


Si vous vous intéressez à Notre-Dame de Paris en particulier, ou aux monuments historiques qui ont

une âme en général, et un caractère spirituel, je vous conseille de regarder ce document (ici sur YouTube),

tourné avec des casques de chantier dans une chapelle intacte au milieu d'un environnement dévasté,

dantesque, très bien rendu par l'équipe de tournage de KTO. De la petite Vierge du pilier miraculeu-

sement indemne alors que la flèche s'est écroulée juste devant elle, au transept ravagé, du gigantesque

trou dans la voûte couronné de l'échafaudage déformé par la chaleur de l'incendie, des poutres

calcinées du XIIIè siècle aux piliers médiévaux porteurs d'attelles, de la main de la Pieta tendue vers le

ciel aux vitraux préservés dans toute leur beauté... Les images sont fortes et les plaies sont vives.


Il était important de rappeler que Notre-Dame de Paris est un édifice dont la fonction est cultuelle avant

d'être culturelle (c'est aussi le cas des oeuvres de musique sacrée), et c'est bien ainsi que l'entendaient les

touristes qui déambulaient autour de ses célébrations. La vidéo la plus regardée de KTO est celle des

dernières Vêpres qui y ont été filmées, le 15 avril 2019, Notre-Dame ayant beaucoup d'amis partout qui se désolent

de ce qui lui est arrivé. Ma conclusion de baladine est une chanson d'Anne Sylvestre...

 


 

(attention, elle démarre toute seule, arrêtez-là si vous le souhaitez en cliquant sur la vidéo)

 

Sylvie, blogmestre

 

Samedi 15 juin 2019

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