20 juillet 2022 3 20 /07 /juillet /2022 07:39

Hier soir vers 19h, une fumée inconnue envahit le sud de l'Ile-de-France, puis Paris

dans l'heure qui suivit, accompagnée d'une odeur de bois brûlé. A la fin de la soirée, on apprit

que la fumée qui couvrait la région parisienne était composée de particules très fines et venait

des forêts martyres d'Aquitaine. Elle avait parcouru plus de cinq cents kilomètres, s'était répandue

le long de la côte atlantique, jusqu'à Nantes, où on l'avait signalée le matin, puis s'était frayé

un chemin par les terres jusqu'à la capitale, pour plaider la cause des pinèdes auprès de

Notre-Dame, doyenne des forêts incendiées, et s'enrouler autour du Sacré-Coeur, dans le voeu

que les petits hommes casqués parviennent enfin à éteindre l'ardeur du feu qui les tuait.

 

 

Pendant la nuit, l'eau du ciel tomba sur l'Ile-de-France, et la température chuta en Aquitaine.

L'on apprit ce matin que l'incendie était sous contrôle aux alentours de Langon et d'Arcachon,

et que la cavalerie des précipitations célestes arrivait dans le Sud-Ouest par les Pyrénées.


 

Sylvie, blogmestre
 

(ci-dessus, photos prises en soirée du 19 juillet 2022
par l'observatoire de la Tour Montparnasse)

 

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29 mars 2022 2 29 /03 /mars /2022 17:30

A l'occasion de la solennité de l'Ascension, il y avait vendredi soir, à partir de 18h30, une messe

pour la Paix des peuples ukrainien et russe en la basilique du Sacré-Coeur de Montmartre. Quand j'étais

en bonne santé, je descendais au métro Anvers, et montais jusqu'à la basilique, via la Place Saint-Pierre, par le jardin.
 


Le moyen de transport utilisé vendredi pour me rendre à cette messe (essentiellement RER B) m'amena

à Château-Rouge, où, après m'être vu, à la sortie du métro, proposer des perruques (proposition saugrenue,

avec ce que j'ai déjà sur la tête!), je me retrouvai face à une montée d'escaliers vertigineuse.
 


Après avoir cadencé ma respiration, croisé quelques amateurs de pétards, des touristes, des Parisiens,

je parvins enfin à bout de cet exercice de gymnastique à muscler les mollets.
 


Quand j'étais étudiante, j'avais travaillé deux étés rue Vivienne, dans un central téléphonique près de la Bourse,

d'où nous voyions le Sacré-Coeur trônant au-dessus des maisons. C'est l'impression qu'il me fit vendredi,

avec ses tours, dômes et clochetons,celle d'un géant bienveillant.
 


Le jardin avait été fermé, peut-être par mesure de sécurité. Il avait fait très beau et la douceur de cette fin

d'après-midi de printemps incitait à s'asseoir sur la pelouse et à pique-niquer. Ou sur les marches de la basilique.

Je me suis mise à douter: y-avait-il vraiment une messe?

Puis, à l'intérieur, je retrouvai subitement la dualité de Notre-Dame, les touristes autour,

les fidèles à l'intérieur. Je reçus un cierge avec une collerette de papier.
 


Il y eut un petit cafouillage: les cierges n'étaient pas allumés quand la procession s'avança,

mais les fumeurs de l'assemblée nous sauvèrent rapidement la mise, ensuite, chaque cierge en allumait d'autres.

La messe était célébrée par Mgr Ponthier, archevêque émérite de Marseille chargé de l'administration

du diocèse de Paris en attendant la nomination de l'archevêque qui succèdera à Mgr Aupetit,

qui a démissionné au regret de ses ouailles. Mgr de Romanet, évêque aux armées était aussi présent,

ainsi que des prêtres ukrainiens, et un choeur féminin ukrainien.


La basilique était pleine de fidèles, ce qui était réconfortant, d'autant qu'ils chantaient beaucoup

(les soeurs bénédictines qui animaient musicalement la messe ont dû être enchantées par une assemblée aussi

participante). Le but de cette célébration était de demander à Marie d'inspirer la paix aux belligérants

russes et ukrainiens. J'avais apprécié que l'on associe les Russes aux Ukrainiens dans cette demande,

car il y a eu des Russes dans ma famille, j'ai chanté plusieurs concerts avec des choristes russes, et j'aime beaucoup

la musique russe. La Russie fait partie de nos vies, aussi, elle a payé pour nous libérer en 1944.

La chorale ukrainienne chanta le Notre-Père en ukrainien, et un chant de communion.

Le bourdon du Sacré-Coeur (encore plus gros que celui de Notre-Dame) se manifesta deux fois.


A la fin de la messe, on nous demanda de rallumer nos cierges et de sortir avec sur le parvis,

en chantant, et je m'autorisai à prendre une photo dans la basilique depuis l'espace des visiteurs, la messe étant finie.
 


Nous avons chanté assez longtemps dehors, A nouveau, le bourdon fit entendre sa grosse voix grave,

qui résonnait tout autour de la basilique. C'était notre demande pour que cette guerre fratricide cesse.
 


Puis certains ont commencé à rentrer dans la basilique pour la veillée, et d'autres à partir.

 

 

Notez la présence illuminée au loin de la Tour Eiffel... Il était plus de 20h. Je décidai de rentrer chez moi.

Et ce fut la descente de la volée d'escaliers, à muscler (et courbaturer) les mollets. Une guinguette

croisée sur la petite place, et le bazar dans les transports en commun (grève, panne d'affichage des trains...)
 

J'arrivai néanmoins chez moi vers 21h15, très heureuse de ma soirée spirituelle.


Sylvie, blogmestre

 

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1 février 2022 2 01 /02 /février /2022 10:55

Je n'étais pas retournée à la Philharmonie depuis le départ de Philippe Jordan... en septembre 2020, lors d'une réouverture

des salles de concert qui n'avait pas duré. Ayant abondamment eu ma part de coronavirus avant de pouvoir enfin être

vaccinée entre deux contaminations, et avoir enfin un passe sanitaire durable, le retour aux concerts s'était fait progressi-

vement, en plein air en août 2021 à la Manufacture des Gobelins, puis plus loin, au Théâtre des Champs Elysées en janvier

2022, et enfin, encore plus loin, à la Philharmonie. Il n'était pas question que je rate Fantasia en ciné-concert.

 


C'était le 26 janvier, un mercredi, une séance familiale, comme celle où mon père emmena jadis au cinéma

ses enfants, voir la version de 1940 du dessin animé musical de Walt Disney, qui repassait sur les écrans français. Mercredi

dernier, à la Philharmonie, il y avait des bambins, mais aussi des parents, et des grands-parents venus... sans enfants.

 


L'orchestre de Paris, dirigé par Timothy Brock était presque en place quand j'arrivai. Timothy Brock est un expert en

cinéma muet, et il s'intéresse actuellement à l'un de mes acteurs de muets favoris, Buster Keaton... J'avais réservé un siège

près de l'écran, de biais, que je pus changer, car (était-ce la mise en place du passe vaccinal?) il restait des sièges libres

plus éloignés mais plus confortables pour la vision. Fantasia fut le premier long métrage de Walt Disney,

sur des extraits d'oeuvres connues de grands compositeurs. Il y eut une version 1940 et une

version 2000, le concert présentait une sélection des deux éditions.
 



La première partie comportait cinq extraits musicaux, et la deuxième, après l'entracte, en annonçait quatre.

Le film commençait en fureur par la 5è symphonie de Beethoven, illustrée par Jupiter s'amusant à

lancer des éclairs forgés par Vulcain sur un petit peuple effrayé de créatures imaginaires. La 6è

symphonie prenait le relais en transportant Bacchus dans une barrique sur des flots de raisin fermenté.

Puis le Casse-noisettes de Tchaïkovski mettait en scène des danses de champignons, de fleurs, et

d'autres créatures, au son cristallin du célesta, plongé dans la pénombre. Suivaient la suite bergamasque

de Debussy, et l'Oiseau de feu de Stravinski, où l'éruption d'un volcan réduisait en cendres une forêt

poussant sur ses flancs, qu'une petite fée verte, aidée d'un cerf, parvenait à ressusciter.

J'eus une pensée pour Notre-Dame... et la résurrection en cours de sa forêt après les ravages de l'Oiseau de feu.

 


La deuxième partie de la projection était burlesque. Débutant par la Danse des heures de Ponchielli,

un alligator formait un couple improbable avec une hippopotame en tutu et ballerines dans des

entrechats endiablés, relayés par Mickey Mouse en apprenti sorcier de Dukas, ayant usurpé le chapeau

de son maître et déclenché une catastrophe par l'entremise du balai magique. L'apogée du grandiose

fut atteint dans Pump and circumstance d'Elgar, où le couple Donald et Daisy Duck était chargé

de gérer (!) la conservation des espèces animales dans l'arche de Noé... Le dernier épisode prévu était

les Pins de Rome de Respighi, illustré d'un ballet aquatique de cétacés.
 


Nous applaudîmes abondamment, le chef sortit, revint... puis la lumière s'éteignit et il y eut un bonus,

un dixième dessin animé, une surprise du chef. Flamands roses et yoyo, envols et figures, règlements

de comptes entre volatiles, se déployaient sur le Carnaval des Animaux de Camille Saint-Saens...

un Français compositeur pour clore en beauté l'American movie projeté à Paris.
 


Merci au chef et à l'orchestre, merci au personnel de la Philharmonie, ce fut une belle après-midi, et tous

ces cartoons (quel talent, quelle créativité...) redécouverts m'enchantèrent autant que quand je les avais vus à dix ans. 


Sylvie, blogmestre

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10 janvier 2022 1 10 /01 /janvier /2022 11:24

J'ai assisté hier à la dernière représentation parisienne, au théâtre des Champs Elysées, de

l'opéra-bouffe de Jacques Offenbach, brillamment mis en scène et en costumes par Christian Lacroix,

et généreusement proposé à 15€ au premier et second balcons, ce qui le rendait accessible à un public élargi.

C'était une séance familiale, entre 17h et 20h.

 


J'avais réservé un strapontin dont l'assise était incertaine (le strapontin incline par nature à se refermer, même sans votre

accord) et la place pour les jambes maigre, mais d'où la vue n'était pas du tout réduite, ce qui compensait largement

l'instabilité. Le théâtre était quasiment plein, et l'ambiance digne des meilleurs jours d'avant 2020! Triple vérification à

l'entrée, les sacs, le passe sanitaire, et enfin le billet étaient examinés, scannés, avant admission de l'auditeur.

 



L'intrigue: deux compères, Gardefeu et Bobinet, amateurs de femmes légères, organisent la

récupération d'un couple de Danois en visite à Paris, le baron et la baronne de Gondremarck.

Le baron s'avère être un séducteur contrarié,  pour qui ses "guides" parisiens vont organiser

des festivités privées avec l'aide d'une gantière, d'un bottier, de quelques domestiques, et de leurs

relations panachées. Un Brésilien flamboyant et flambeur s'ajoute à la fête, dont la tante de Bobinet

découvre les ravages chez elle en rentrant de voyage. Mais tout finit bien, dans l'alacrité générale.


 



Connaissant cette oeuvre depuis mon enfance, mes parents étaient des fans d'Offenbach, je peux en chanter des

passages entiers (hourrah, hourrah, hourrah, je viens de débarquer, mettez vos faux cheveux, cocottes!) (il est content,

mon colonel, ou du moins, je l'espère... es-tu content, mon colonel?)(son habit a craqué dans le dos, oui son habit a

craqué craqué dans le dos, dans le dos!), ce fut donc un florilège de chansons espiègles connues dans un décor

de théâtre particulièrement soigné, avec quelques intrusions inattendues et très drôles qu'Offenbach n'avait pas

prévues: un défilé de mode dénudé en robes transparentes, avec déhanchement, effectué avec grâce et naturel

(affecté) par des messieurs (danseurs) en escarpins très hauts, ou l'évocation pétrifiée de la statue du Commandeur

de Don Giovanni par un coureur de jupons impénitent (les amateurs d'opéra ont bien ri). Les Musiciens du Louvre,

sous la direction de Romain Dumas, furent éblouissants. J'ai beaucoup aimé ce spectacle.


 


La chaîne de télévision culturelle Arte avait diffusé une captation de ce spectacle le 27 décembre au Théâtre

des Champs Elysées, que j'avais alors vue en ligne, puis revue pour le jour de l'An. Depuis, Arte en a fait une

vidéo visible sur son site à l'adresse suivante: "La vie parisienne" de Jacques Offenbach - Regarder le

programme complet | ARTE si vous ne l'avez pas encore vue, je vous la conseille fortement, c'est une brassée de

gaîté et de drôlerie, un boosteur de sérotonine bien plus efficace que la concurrence chimique! (je vais m'en

fourrer, fourrer jusque là...) Les chanteurs et danseurs, magnifiques (superbes voix, et entrechats

désopilants), nous ont fait des signes d'au revoir, d'amour, jusqu'au bout, même depuis les derniers

décimètres de scène encore visibles à la tombée du rideau.La distribution est visible sur le site d'Arte.

Ils vont partir en tournée en France, accueillez-les et faites-leur le triomphe qu'ils méritent!

 


Je suis repartie par l'avenue Montaigne, toute illuminée (plus jolie que les Champs-Elysées, à mon avis),

vers le métro de la ligne 1 (et bien m'en a pris, la ligne 6 par laquelle j'étais arrivée ne roulait plus depuis

plusieurs heures), en fredonnant un galop ou un can-can endiablé (était-ce le même?)

 

Sylvie, blogmestre

 

 

 

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30 décembre 2021 4 30 /12 /décembre /2021 15:31

Je relaie ici l'annonce d'un concert Requiem de Mozart et grands airs d'opéra, qui sera donné

en l'église Saint-Sulpice le 31 décembre 2021, par le choeur Hugues Reiner

accompagné par l'orchestre Euromusic, à 20h30.

 

 

J'aurais dû participer en choriste renfort, mais une bronchite m'empêche de chanter...

 

Sylvie, blogmestre

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18 décembre 2021 6 18 /12 /décembre /2021 09:48

Je suis allée hier dans le Sud-Ouest pour les obsèques de mon père, décédé dans la nuit du 14 au

15 décembre, de manière surprenante, puisque l'on m'avait dit que je pouvais venir le voir dans son EHPAD la semaine de Noël.

Le soir du 14 décembre, j'avais donc assisté au concert de Noël de la Maîtrise de Notre-Dame,

à Saint-Sulpice, pensant aller le voir le jeudi 16. Ce fut donc le vendredi 17 que je le vis pour la dernière fois.
 


Il fut difficile de trouver des places de voyage à des heures compatibles avec les obsèques, j'ai finalement opté

pour l'avion à l'aller et le train au retour. Ce fut éprouvant. Une bénédiction fut célébrée

en l'église médiévale Saint-Pierre, à Blagnac, ci-dessous.
 


Une partie de la famille, locale et lointaine, était présente, ainsi que la Société des membres

de la Légion d'Honneur de Haute-Garonne. La bénédiction, qui dura longtemps, fut célébrée

par un aumônier militaire très chaleureux, en présence de deux drapeaux tricolores.
 


Une dizaine de bougies furent allumées et la famille la plus proche invitée à les déposer sur le cercueil,

devant la photo encadrée de la remise de décoration de grand officier de la Légion d'Honneur à notre

père par le Président Mitterrand en 1989. L'une de mes nièces, et moi, avions préparé deux portraits

de nos relations au défunt que nous avons lus à l'assistance. L'aumônier nous invita à revenir pour la neuvaine.
 


Je suis repartie avec ma bougie, en taxi Uber, vers la gare de Toulouse Matabiau, en proie à l'une de ses crises du rail

qui me sont devenues coutumières, où l'on m'a mis un petit bracelet bleu numéroté avant de monter dans le train (?)

J'avais réservé un voyage coupé en deux, n'étant pas parvenue à avoir un billet plein Toulouse-Paris, mais le train

s'étant vidé à Bordeaux, j'ai pu y rester (la place réservée jusque là est demeurée libre ensuite). Arrivée à Paris,

je suis rentrée au radar chez moi, après moult Requiem écoutés dans le train...


Sylvie, blogmestre encore sous le choc

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15 décembre 2021 3 15 /12 /décembre /2021 09:44

Je suis allée écouter mardi soir le concert de Noël de la Maîtrise de Notre-Dame de Paris

donné en l'église Saint-Sulpice. Je suis actuellement ce vendredi en Haute-Garonne pour

les obsèques de mon père, décédé lpendant la nuit qui a suivi ce concert.

Le compte-rendu du concert sera mis en ligne quand je pourrai... Pardon aux choristes.

 

Sylvie blogmestre désabusée

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20 novembre 2021 6 20 /11 /novembre /2021 09:44

Depuis la vaccination anti-CoVid, il y a 5 semaines, j'ai des épisodes de douleurs violentes au niveau du dos qui rendent

les voyages peu engageants. Personne ne sait de quoi il s'agit, j'ai signalé la chose à la pharmacovigilance, à tout hasard.

J'avais prévu d'aller voir mes parents à Pibrac mardi 16 novembre, un épisode dorsal violent m'en

empêcha, et je reportai le voyage au jour suivant, achetant le billet de train à la gare, lorsque j'aurais été assurée

de pouvoir y parvenir. Première mésaventure: la machine ne prenait pas ma carte de réduction.

Elle me délivra un billet pour deux trains, avec changement à Bordeaux, au tarif plein. Le QR-code du billet

avait un défaut, les machines de contrôle ne le reconnaissaient pas, deuxième mésaventure...

J'embarquai quand même dans le premier train prévu, à 9h52.
 


Je pris le bon wagon, mais dans la salle haute où il restait des places libres et dont la vue est

plus agréable. Le voyage se déroula normalement jusqu'à Bordeaux. La Garonne, ci-dessous:
 


A ma sortie du premier train, vers midi, j'appris par le tableau des trains au départ de Bordeaux

que mon second train, un Intercités allant jusqu'à Marseille-Saint-Charles, avait été supprimé,

troisième mésaventure. Aucune raison n'était donnée à cette suppression.
 


Le service voyageurs de la gare de Bordeaux  stockait les passagers sans train dans un espace qui s'amenuisait

progressivement, leur proposant d'échanger leur billet contre un autre qui partirait de Bordeaux à 14h ce qui

me ferait arriver à Toulouse vers 16h30 ou plus, et à l'EHPAD de mes parents vers 17h avec de la chance... Je choisis

de payer une nouvelle place entre Bordeaux et Toulouse, pour le train de 13h02, et gagner une heure.

Un pianiste s'était installé devant le clavier du piano de la gare et profitait de l'affluence pour nous divertir. Ce fut "Riquita

jolie fleur de Java", "Ah le petit vin blanc", et quelques autres de la même époque, que je tentai de chanter avec lui, mais

c'était très grave pour ma voix, et les arrangements de l'instrumentiste avaient mangé quelques notes de la partie vocale...

ce fut néanmoins un interlude  très sympathique et bienvenu. J'appris que ce monsieur avait fait trente et un an de

cabaret à Montmartre, et qu' il aimait bien qu'on lui offre un petit café. Pas de chance, une dame était très occupée

à nettoyer de fond en comble la machine à café, et je n'ai découvert qu'après coup qu'il y avait un vrai café

plus loin dans la gare... Je paie le café la prochaine fois, c'est promis!
 


Le second train s'avéra sans surprise, à part la suppression de mon accès au wifi du train, que j'avais déjà vécue

dans le train précédent. Même en réinstallant le réseau comme le préconisait Microsoft, je restai la seule passagère

sans wifi du wagon, salle haute, quatrième mésaventure. Nous fumes "rendus" (expression charentaise) à Toulouse avec

un peu de retard, il n'y avait pas de taxis, mais j'en ai heureusement rencontré un qui arrivait, et je fus à l'EHPAD

vers 16h. J'avais prévenu de mon arrivée par courriel depuis Bordeaux.


A l'arrivée, une grosse claque: mon père avait été hospitalisé d'urgence la veille. Personne ne m'avait

prévenue, sinon j'aurais différé mon déplacement jusqu'à ce qu'on puisse aller le voir en clinique,

ou dans sa chambre à son retour. Cinquième accident de parcours, lourd.


Ma mère était dans la salle commune avec quelques résidentes, un peu repliée sur elle même au début

(on imagine le choc, mes parents sont mariés depuis plus de 60 ans), puis progressivement plus confiante et

souriante. J'ai déballé ce que j'avais apporté, des bricoles dont certaines leur plaisent et pas d'autres, allez savoir.

Ce fut un paquet de nonnettes à l'orange, une jacinthe en boutons, et un ourson blanc

en peluche à cajoler qui gagnèrent ses faveurs.
 


Ces dames acceptèrent de goûter nos calissons, qu'elles ne connaissaient pas, un monsieur vint nous faire des bises ce qui

était certainement contraire au principe de distanciation, mais j'ai bien ri, avant d'être circonvenu par les aides-soignantes.

Il y avait un panneau derrière nous avec des photos des résidents de l'EHPAD, je pus parler avec les

aides-soignantes et avec l'infirmière de ce qui était arrivé à mon père, et des perspectives d'amélioration

et de retour pour lui. Je restai deux heures, jusqu'au dîner, et emmenai ma mère dans son fauteuil jusqu'à sa place.


Puis ce fut le retour en taxi à la gare, le coup de fil à la clinique, mon père était toujours aux urgences,

on ne pourrait rien savoir avant le lendemain. Pourrais-je aller le voir le lendemain? S'il était transféré

dans une chambre normale, oui, mais on n'en savait rien encore. Je décidai de rentrer à Paris par le train

de 19h51 qui partait bientôt, mais la machine à délivrer les billets refusa ma carte bancaire,

sixième mésaventure. Je me précipitai vers le contrôleur sur le quai qui parla de me vendre un billet de seconde classe

160€ alors que la machine m'en demandait 45 pour le même trajet... j'ai refusé, préférant prendre le train de nuit.


Hélas, le train de nuit aussi avait été supprimé, j'en suis à combien de mésaventures, 7? 8? 9? Qu'importe,

je décidai d'aller à l'hôtel pour la nuit, de rappeler la clinique le lendemain,

et selon la réponse je rentrerai ou non à Paris. Ci-dessous un grand magasin toulousain:
 


Commença alors une grande galère nocturne et pédestre dans Toulouse, à la recherche d'une chambre

d'hôtel. Après avoir marché une heure et demie, et avoir démarché une douzaine d'hôtels, j'étais de retour près de

la gare, et là quelqu'un eut pitié de moi et reconnut que "tous les hôtels étaient complets" (complets pour tout un

chacun, ou seulement pour moi?) On m'avait bien proposé quelques solutions de secours, mais hors de ma portée

financière. Je me souvins alors qu'il existait des cars partant le soir de Toulouse pour Paris, depuis

la gare, et parvins in-extremis à acheter un billet, et à embarquer dans l'un d'eux, quasiment plein.
 


Je n'ai pas dormi de la nuit, sauf par petites touches de quelques minutes. L'expérience me plut bien, l'ambiance

était à la fois mondialiste et familiale. La douleur dorsale se réveilla après quelques heures de trajet, mais resta

supportable. Le parcours routier était alternatif: Brive, Sarlat, Limoges, Poitiers, Orléans, avec ces pancartes

bistres le long de la route, vantant les châteaux locaux ou les spécialités gastronomiques du cru. Mais nous ne

voyions que les pancartes, sauf une fois où nous entrâmes dans la cité. Peu avant une heure nous avons récupéré

une passagère dans Limoges (je n'avais pas revu Limoges depuis un retour épique des Pyrénées sur ma 125cm3,

quand j'étais étudiante). Nous nous sommes arrêtés trois fois sur des aires de routiers pour faire une pause toilettes-café,

comme de jour. L'un des chauffeurs m'a dit qu'il faisait ça presque toutes les nuits, bravo messieurs!

Ils étaient deux chauffeurs à se relayer toutes les deux heures, merci à eux et aux cars nocturnes!

A Massy-Palaiseau, nous avons déposé mes voisins de devant, et à Bercy le reste du car. Métro à 6h29*

RER, pedibus,je suis rentrée chez moi vers 7h30, jeudi matin, 18 novembre 2021.

 



Mon père est sorti de clinique quelques heures plus tard et rentré à l'EHPAD... Il est passé directement

des urgences à l'EHPAD, si je comprends bien, sans passer par la case chambre en secteur non-urgent en clinique.

Juste quand je suis venue. Pauvre Papa...


Sylvie, blogmestre

 

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20 septembre 2021 1 20 /09 /septembre /2021 09:03

Ce dimanche 19 septembre, j'avais dans l'idée d'assister à la messe grégorienne à Saint-Germain

l'Auxerrois, puis d'aller aux Journées du Patrimoine. Partie de chez moi à pied, car il s'agissait d'une "journée

sans voiture" dans Paris, avec l'intention de prendre le RER, surprise, en arrivant à la gare d'Arcueil-Cachan: pas de RER,

pour raison inconnue (habituellement quand il n'y a pas de RER une raison s'affiche: voiture tombée sur la voie

à Gentilly, colis suspect Gare du Nord, etc...) Là, rien, comme vous pouvez le constater.
 


J'ai fait le tour de la gare pour être sûre que ce n'était pas une panne du tableau, mais l'affichage était identiquement vide

de l'autre côté. En revanche, un bus arrivait, vers Paris. Je descendis à Montrouge, dans l'idée de prendre la ligne 4

vers Châtelet, mais... pas de ligne 4. Je savais qu'elle était en travaux pour automatisation, cependant, dans mon

souvenir, c'était, le dimanche, jusqu'à 10h. Pas de chance: nouvelle donne, pas de métro avant midi.

Heureusement, un second bus passait à proximité, qui allait dans la direction qu'il me fallait.

 


Le second bus me déposa près du Pont Royal, avant le Louvre, et je terminai à pied. J'avais déjà

beaucoup marché depuis le départ, et même couru après le second bus. La vue depuis le pont était très jolie,

les multiples clochers, tours, ou dômes se détachaient sur l'azur du ciel, avec un beau pavage.
 


J'arrivai à St Germain l'Auxerrois vers 10h45, soit un quart d'heure avant la fin de la messe. C'était

vraiment faire acte de présence que participer un quart d'heure, mais j'assistai à la consécration et

l'Eucharistie. On pouvait  à bon droit s' interroger sur l'idée saugrenue (et fort peu "service public")  de supprimer

les voitures, le RER, le métro, tous à la fois du côté sud de la capitale, pour une matinée de Journée du Patrimoine... 
 


J'en suis désolée pour les célébrants, la brebis égarée était surtout une brebis fatiguée.

Si j'avais été plus en forme, je serais restée à la messe de 11h30, mais ce n'était pas le cas. Je ressortis de St Germain

en direction de Notre-Dame, dont on fêtait la sortie de l'état de péril, et le début de la reconstruction.

J'arrivai sur le parvis où les métiers de la restauration se produisaient. Las, il fallait ici aussi

montrer un passe sanitaire, que je n'avais pas, ignorant qu'une manifestation en plein air en nécessitait un.
 


Je ne pus pas entrer, ce qui était un peu dérisoire, au regard de toute l'attention que j'ai portée à la cathédrale depuis

 l'incendie, probablement bien plus que tous les visiteurs qui entraient. Inversement, j'ai vu tant de vidéos, lu tant d'articles,

et fait le tour du chantier dès que j'étais dans les environs, que je ne me suis pas sentie en manque de visite.
 


Vue du square Viviani, derrière l'église St Julien le Pauvre dont sortaient des mélopées orientales,

Notre-Dame paraissait presque normale, avec juste le toit et la flèche en moins! Je saluai au passage

le plus vieil arbre de Paris, un robinier quadri-séculaire, toujours bon tronc (étayé) bonne feuille,

et constatai que j'avais une garde rapprochée au dessus de la tête, à moins que ce ne fût

un comité de soutien à plumes, pour service rendu à l'espèce.
 


Je repris le RER B , qui fonctionnait à nouveau, sans que l'on sût  pourquoi il n'affichait plus rien vers 9h40 (le compte

Twitter du RER B est vide d'incident correspondant...), et rentrai à Arcueil assez fourbue, sans ressortir ultérieurement.
 

 

Sylvie, blogmestre persévérante


 

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18 septembre 2021 6 18 /09 /septembre /2021 18:23

A la fin du mois d'août, j'ai réservé une place de concert au grand auditorium de Radio France, pour

la première symphonie de Mahler, dite "Titan", dirigée par Mikko Franck et interprétée par l'Orchestre

symphonique de Radio France et la Maîtrise de Radio France, le 17 septembre, soit hier soir. 

 



Je me faisais une joie de ce concert, mais un événement inattendu eut lieu qui m'en priva:

la veille, en rentrant chez moi, j'ai croisé un jeune pigeon ramier agressé par trois corneilles criardes,

il avait une aile ensanglantée et une patte qui semblait cassée. J'ai récupéré le petit oiseau, sous les cris

encore plus stridents des prédatrices (je suis sûre qu'elles m'ont insultée en langage corneille), transporté dans un sac

en papier jusque chez moi, mis à l'abri dans une boîte transparente, avec de l'air, de l'eau, du riz cuit.

 

Le soir, j'ai trouvé sur le site de la LPO qu'un oiseau sauvage blessé devait être impérativement

apporté dans un centre de soins vétérinaires, un refuge pour faune non domestique.

J'avais prénommé le petit pigeon, au jabot rouge foncé, Gustave (circonspect devant l'appareil photo).

 



Le lendemain, j'ai contacté le centre de l'école vétérinaire de Maisons-Alfort, pour nous annoncer,

le pigeon et moi. Ensuite, je me suis mal débrouillée. J'avais imprimé le billet de concert, mais il était resté chez moi,

car j'avais l'intention de changer de vêtements, et je n'ai pas pensé à faire le test CoVid (pour l'instant je ne peux

pas être vaccinée) avant de partir, pour avoir un passe sanitaire que j'aurais récupéré à mon retour.

Gustave voyagea dans une boîte en carton scotchée et percée de trous, et n'aima pas du tout le métro.

 

 

L'aller prit une heure, le retour une heure trois quarts... je revins à Arcueil après les horaires de testing pharmaceutique

val-de-marnais... Ce qui annula pour moi le concert, car si j'étais rentrée en une heure, j'aurais encore pu me changer,

récupérer le billet, et faire un test à Paris, dont j'aurais recouvré le résultat avant le concert, afin de pouvoir y entrer.
 


Bref, Gustave a gagné sur Gustav... il m'a laissé une petite plume en souvenir dans sa boîte

avant de partir. Je ne regrette pas de l'avoir privilégié, il avait un trou rouge au niveau du thorax, un sale coup de bec.

Mais j'aurais volontiers entendu la symphonie Titan quand même... Tous mes regrets à

l'Orchestre Philharmonique, à la Maîtrise, et à Mikko Franck. Es tut mir Leid, Gustav...
 

Sylvie, blogmestre écartelée

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